Boire de l’eau en montagne fait partie des gestes que de nombreux randonneurs considèrent comme naturels. En randonnée, rien n’est plus tentant que de remplir sa gourde dans un ruisseau ou un torrent. L’eau y paraît limpide, fraîche et naturelle. Pourtant, cette apparence peut être trompeuse.

Ces derniers jours, plusieurs interventions du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) et des passages aux urgences ont rappelé une réalité souvent méconnue : boire de l’eau directement prélevée dans un cours d’eau de montagne peut présenter des risques pour la santé.

Une eau claire n’est pas forcément une eau potable

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Photo, © DAVID COURRIADES

En montagne, même les ruisseaux les plus cristallins peuvent être contaminés. L’eau peut contenir des bactéries, des virus ou des parasites invisibles à l’œil nu, responsables de troubles digestifs parfois importants : nausées, diarrhées, vomissements, voire des infections plus sévères.

En effet, cette contamination peut avoir plusieurs origines. Par exemple, la présence animale et la fréquentation du public peuvent altérer la qualité de l’eau, sans que cela ne soit visible. L’aspect de l’eau ne permet jamais de garantir qu’elle est potable.

Gourdes filtrantes, pastilles : des solutions à utiliser avec précaution

Par ailleurs, les gourdes filtrantes tout comme les pastilles de purification séduisent de nombreux randonneurs, mais elles ne constituent pas une garantie absolue de sécurité. En effet, si ces solutions sont efficaces contre une partie des bactéries et virus, leur action est limitée sur certains parasites présents dans l’eau de montagne. Elles doivent être utilisées avec précaution lorsqu’aucune autre source d’eau potable n’est disponible.

GOURDE, ITINÉRAIRE ET POINTS D’EAU : LES ESSENTIELS AVANT LE DÉPART

Une bonne hydratation est essentielle pour profiter pleinement de la montagne, surtout en période estivale. Quelques conseils simples permettent de partir sereinement :

  • prévoir suffisamment d’eau potable avant le départ, en comptant environ ½ litre d’eau par heure de marche
  • boire régulièrement, sans attendre d’avoir soif
  • privilégier les pauses à l’ombre et éviter les heures les plus chaudes de la journée
  • lorsque cela est possible, refaire le plein dans les refuges ou points d’eau potable
  • ne pas boire directement l’eau des ruisseaux, torrents ou lacs

Sécurité en randonnée : Que faire en cas d’urgence ?

Si l’état de santé d’un randonneur se dégrade au point de ne plus pouvoir avancer, voici les bons réflexes et les numéros de secours à connaître :

  • Le 112 (Numéro d’urgence européen) : C’est votre ligne de vie. Ce numéro gratuit fonctionne même sur les téléphones verrouillés, sans crédit, et bascule automatiquement sur le réseau mobile disponible le plus puissant, quel que soit votre opérateur.
  • Le 114 (Urgence par SMS) : Envoyez votre situation et votre localisation par SMS.
  • L’astuce géolocalisation (GendLoc) : En France, les secouristes en montagne (PGHM / CRS) utilisent souvent le système GendLoc. Ils vous envoient un lien SMS : un seul clic de votre part, et ils reçoivent vos coordonnées GPS exactes.

Le réflexe sécurité avant de partir : Laissez toujours votre itinéraire et votre heure de retour estimée à un proche. Si vous n’avez plus de batterie ou de réseau en fin de journée, quelqu’est capable de donner l’alerte pour vous. En montagne, l’anticipation reste votre meilleur équipement !

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