JE VOUS EMMÈNE… FAIRE LE TOUR DES LACS EN BIVOUAC

Après vous avoir fait découvrir le Lac du Chabarrou , on part faire le tour des lacs en bivouac. 

Trentenaires actives, nous arrivons enfin à nous libérer deux jours entre copines, histoire de décompresser enfin d’un quotidien chargé par nos multiples occupations.

 

La météo est annoncée très belle au dessus de la mer de nuage qui couvre la plaine depuis quelques temps, et nos envies d’évasion s’orientent logiquement vers les altitudes, où, nous en sommes sûres, ressourcement, Nature, et complicité seront les ingrédients parfaits de deux journées en bivouac.

 

Nous avons la chance d’avoir, au cœur de nos vallées, un territoire préservé où le sauvage et le grandiose se disputent la vedette : le Parc national des Pyrénées.

 

Ses paysages variés, sa faune et sa flore remarquables, sont des atouts indiscutables pour cette excursion vers les cimes, et la région de Cauterets et du pont d’Espagne offre un terrain de jeu immense.

 

Le matériel prêt, nous débutons notre randonnée en fin de matinée. Dès les premières minutes, les cascades se laissent admirer ; c’est le cœur léger, et les sacs un peu lourds, que nous nous avançons d’un bon pas vers, nous en sommes certaines, de longs moments de bonheur.

 

Ici, tout est prétexte à l’admiration : le gave bondissant entre les blocs de granit, les arêtes effilées au loin, les vastes plateaux herbeux, le cri des marmottes, les rapaces hauts dans le ciel…

 

Et surtout, la marche dans ce décor de rêve est une occasion parfaite de se retrouver, et nos conversations ponctuées de rires rythment notre randonnée.

L’objectif du jour est raisonnable : atteindre les lacs de l’Embarrat, au terme de 700 mètres de dénivelé.

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Quelques kilomètres en pente douce nous amènent au pied de la montée raide dans la forêt de sapins. Les pinsons, mésanges et autres roitelets accompagnent de leurs chants nos discussions certes animées, mais interrompues de temps à autres par l’effort qui se fait plus présent.


Bientôt, dépassant la forêt, nous pénétrons le territoire des isards, discrets en cette saison, avant d’atteindre le premier lac d’Embarrat, d’un bleu magnifique. 


Son « petit frère », situé à une dizaine de minutes en amont, est bien moins profond. C’est ici, après une petite baignade rafraîchissante, que nous décidons de nous poser pour le bivouac.


Nous passons quelques minutes pour trouver l’emplacement idéal en vue de notre soirée: un petit plateau herbeux au bord d’une laquette discrète, un peu éloigné du chemin principal, avec une vue à couper le souffle sur la vallée noyée sous la couche nuageuse.

Ici, dans la zone cœur du Parc national des Pyrénées, le bivouac est réglementé : les tentes doivent être installées après 19 heures, et démontées et rangées avant 9 heures le lendemain. 

 

Nous avons donc un peu de temps en cette fin d’après-midi pour nous poser tranquillement dans la pelouse, profiter du paysage, de nos retrouvailles, du silence de la montagne, de la brise sur nos visages, et s’abandonner au bonheur d’être là haut, tout simplement.

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La tente enfin en place, un repas simple succède à un petit apéro entre copines.

 

Chaque moment passé ici prend une saveur incomparable, et le spectacle des lumières du soir s’installant sur les sommets accompagne ces instants hors du temps.

 

Mais le spectacle est loin d’être fini : le lever de lune derrière les crêtes précède un ciel étoilé d’une grande pureté.

 

Le silence se fait entre nous, l’émotion tranquille d’un moment privilégié entre amies se suffit à elle même.

 

C’est, remplies de sérénité, que nous rejoignons l’abri éphémère de notre petite maison de tissu.

 

Le lendemain, alors que nous sortons de la tente, le soleil levant glisse ses rayons au dessus des crêtes au loin.

 

La nuit a été bonne, et nous profitons de ces premières lumières pour nous réchauffer.

 

Là encore, les mots sont rares, mais le moment délicieux. Quel plaisir de prendre son temps, et son petit déjeuner, dans un tel environnement !

Les sommets frontaliers et la silhouette du Vignemale au loin sont comme autant d’invitations à de futurs voyages…

 

Et ce sont ces projets à venir qui alimenteront nos discussions en parcourant la magnifique vallée du Marcadau pour rentrer au pont d’Espagne.

Parce que ces instants partagés entre amies sont si précieux que l’on a envie, naturellement, de les retrouver chaque été.

Plier la tente, profiter de la source fraîche pour remplir nos gourdes, et il est bientôt temps de repartir pour la suite de notre périple.

 

Une petite heure de marche nous amène au lac du Pourtet, à plus de 2400 mètres d’altitude, point culminant de nos deux jours. Son environnement minéral, ses poissons nombreux, ses couleurs splendides, et son panorama lointain en font une halte de premier ordre !

 

Il n’y a plus qu’à se laisser descendre en douceur vers le lac Nère, puis vers les abords verdoyants du refuge Wallon, croisant quelques isards au passage.